Amélioration mécanique d'une Z 5100 Jouef HO

Sujet Laurent : Z 5100

Améliorations mécaniques d’une rame Z5100 Budd Jouef


La Budd Company, du nom de son fondateur, avait inventé un procédé de soudage électrique des tôles d’acier inoxydable qui préservait ce métal de la corrosion.
La compagnie française Carel et Fouché acquit la licence, et construisit (entre autres) avec la compagnie MTE, deux séries de Z5100
- 5101 à 5175, de 1953 à 1958, 1,5KV CC, 890KW, alimentation par caténaire, 120Km/h,
capacité 555 passagers (3 éléments)
- 5176 à 5182, en 1958, 0,750 KV CC, 445KW, alimentation par 3ème rail, 60Km/h, passerelles de toiture tout le long du lanterneau, capacité 400 passagers (2 éléments).
Matériels de banlieue parisienne, elles furent supplantées par les Z5300
(construites aussi par C&F, de 1965 à 1975, 145 unités),
plus performantes et confortables, et certaines finirent leur carrière en régions.
La dernière à rouler, la Z5137, fut radiée le 01.11.1998.
La Z5119 est progressivement restaurée aux Aubrais par le COPEF.

 Jouef produisit des Budd de 1967 à 1987, avec quelques interruptions,
d’abord en coffret de 2 éléments (toit noir),
puis de 3, puis avec toit couleur inox, comme la caisse.


 

Comme pour toutes les machines Jouef équipées de ce même type de bogie,
le roulement est au mieux moyen, principalement parce que le captage du courant est aléatoire. Avec le meilleur moteur du monde, même avec volant d’inertie,
une machine se plante si l’alimentation électrique est peu fiable.
On peut améliorer grandement cela, mais attention !
si  ce que je vous propose est en théorie applicable à toutes les machines Jouef,
c’est surtout valable pour des rames automotrices courtes,
il ne faut pas vous attendre à voir une vieille 9200 (par exemple) ainsi modifiée
tracter une composition Capitole, elle s’essuiera  sûrement les pieds.
Par contre, vous ne reconnaitrez pas votre Z5100.

Les premiers modèles étaient équipés d’un moteur 3 pôles (j’en ai eu un comme cela).
Ce qui explique sans doute qu’il avait besoin d’être maintenu fermement en place
par les deux stalactites rectangulaires en plastique qui descendent de la toiture,
et qui explique aussi que la caisse était vissée au châssis.
Remplacez le 3 pôles par un 5 pôles (le logement dans le châssis est aux bonnes dimensions),
et remplacez son aimant d’origine par un aimant au néodyme,
beaucoup plus puissant et performant.
A ma connaissance, seul slotpepe (vendeur I.B.) en propose (25 euros les 5)
aux dimensions exactes pour moteurs Jouef (et Scalextrix).
Ceci dit, il me semble préférable de fixer le moteur autrement.
Supprimez tout ce qui est sous la toiture et, par la même occasion,
la fixation par vis qui part du châssis.
La caisse tient très bien sur le châssis/vitrage sans y être vissée,
et l’intérieur des deux caisses (motrice et remorque) est strictement identique.
Ceci vous permettra d’ajouter si vous le voulez un aménagement et un éclairage intérieurs.


Problème éventuel : sur certains modèles, les coffres gris de dessous de châssis sont collés,
et il est impossible de sortir les longues vis en laiton qui vont jusqu’à la toiture.
Il faut donc tronçonner au ras du plancher l’entourage plastique de la vis et la vis elle-même.
Pour fixer le moteur avec une bride Jouef, coller sur le plancher, contre le bas du vitrage,
de chaque côté du moteur, un rectangle de carte  plastique
de 3mm de haut, 5 de large, et 20 de long.
Pré-percer pour la vis, sinon vous risquez de casser la vis, ou le collage.

         

Pour que ce moteur soit bien alimenté, il faut que le courant soit capté par les 8 roues de la motrice, et c’est possible, mais un peu délicat à réaliser.
Détacher le bogie moteur de la machine.
Dégager le berceau en métal de son cadre en plastique.
Enlever avec beaucoup de précaution les deux essieux moteurs
(il faut éviter d’abimer ou de cintrer le bâti en métal).
Sur ces essieux, côté non isolé, se trouve une roue dentée, qu’il va falloir enlever.
Pour cela, détachez d’abord la roue isolée (un manchon plastique dépasse de la roue) de l’essieu avec un Puller.
Ensuite, sur l’autre roue, passez la lame émoussée d’un cutter entre la roue dentée en plastique et le flanc intérieur métallique de la roue
(à faire lentement et prudemment, il ne faut pas abimer la denture),
et dégagez la roue dentée.
Vous allez la reporter sur une roue brunie Jouef ou autre (Limousin Modélisme par exemple) de 11,5mm, non bandagée bien sûr. Idem pour l’autre essieu.

         


Problème éventuel : selon les modèles, le trou central de la roue dentée
peut être trop petit pour la roue brunie.
Agrandir le trou (petite lime ronde, et de la patience, ce plastique est dur)
au diamètre nécessaire ;
il ne faut pas qu’il faille forcer pour mettre cette roue dentée contre la roue brunie.
Bien centrer la roue dentée dans le manchon isolant de la roue brunie,
coller avec deux points de colle contact.
Quand cette roue sera remontée sur son axe, consolider en mettant de l’araldite (ou similaire) entre le centre de la roue dentée et l’axe d’essieu.
Le plus délicat est fait, reste à ajouter des capteurs.
Si vous avez des capteurs Jouef en surnombre, en prendre deux
et ne garder que la partie centrale qui se visse sur le bogie
(sans aucun problème, le corps en plastique du bogie moteur et celui du bogie capteur sont strictement identiques).
Sur cette partie, soudez, en même temps, une lamelle de chrysocale plutôt souple de 2mm sur 40mm, et le fil électrique de liaison au moteur.
Si vous ne faites pas les deux ensemble, la seconde soudure dessoudera la première.
Bien centrer la lamelle, qui frottera sur le dessus des roues.
Si vous n’avez pas de surplus Jouef, utilisez du chrysocale rigide
ou du laiton fin pour la partie à visser.
Ceci s’applique au bogie moteur comme au porteur, sur lequel vous aurez remplacé
au préalable les essieux d’origine par des essieux à roues brunies.
Bien vérifier que les roues isolées sont du même côté !


 Vous avez maintenant une motrice qui capte le courant par ses 8 roues, et qui en plus a des roues brunies, plus réalistes que les roues d’origine (parfois en zamac), même peintes.

Pour améliorer encore le captage du courant,
on peut relier électriquement la motrice à la remorque.
D’origine, les bogies de la remorque sont prévus pour capter le courant,
mais on peut améliorer le système.
D’abord, lester la remorque.
Si le dessous de chassis est collé, défoncer à la fraise le plancher juste au-dessus des coffres, remplir de plomb de pêche, immobiliser avec de la colle.
Pour améliorer le roulement des essieux brunis dans les bogies,
ajouter 4 paliers en laiton (coniques ou cylindriques).
Pour cela, fraiser avec précaution l’intérieur des boîtes d’essieux du bogie pour y loger un palier. Vérifier, avant de coller les paliers dans leurs boîtes d’essieux, que l’essieu tourne librement.
Pour le capteurs, faire exactement comme pour les bogies de la motrice.

         

Autre amélioration possible : il est préférable que les efforts de traction ou de refoulement soient supportés par le chassis et non par les bogies.
On peut adapter un attelage à élongation (dans mon cas Fang, marque disparue),
en faisant attention qu’il soit à la bonne hauteur (j’ai ajouté une cale de 3mm de haut car le plancher n’est pas au même niveau que le bas de caisse),
qu’il ne gêne pas le débattement du bogie  et que les 2 armoires grises sur le dossier arrière de la motrice ne cognent pas contre la remorque dans les courbes.
Supprimer les 4 timons d’attelage d’origine vous permettra d’installer les attelages à élongation … et de retourner le bogie moteur si vous vous apercevez, après branchement, que la motrice va dans le sens contraire à  celui que vous lui indiquez !

 On peut aussi, mais ça n’a rien à voir avec la mécanique,
ajouter un éclairage intérieur au plafond, et des sièges (ici un intérieur de TGV SE Lima, dont les dimensions conviennent).
Bien sûr, cet aménagement n’est pas conforme, mais vu de l’extérieur, ce n’est pas évident.

         

Cette rame Jouef est très ancienne et la gravure et la conception datent,
mais elle vaut à mon avis la peine d’être améliorée, d’autant plus que cela m’étonnerait qu’une quelconque grande marque actuelle soit un jour tentée de la reproduire.

Notes :

Le Spécial Le Train tome 10 « Les automotrices à courant continu 1500V » consacre 16 pages aux Z5100, et Le Train n°306 de 2013 y rajoute 5 pages, le tout par Olivier Constant.


Texte et photos : Laurent Croharé

Mise en page : Nicole Pourrières


Commentaires (3)

laurent
  • 1. laurent | 03/12/2014

Les bogies Budd étant maintenant très anciens, le plastique est devenu dur et cassant; j'en ai fracturé deux en changeant les essieux d'origine (sur la remorque) pour des essieux à roues brunies, et ils sont difficiles à recoller. Ceci dit, il est relativement plus facile d'enlever le berceau en métal de son cadre en plastique sur les bogies de la motrice, car on ne doit pas faire jouer ou déformer le plastique. Il y a actuellement (et depuis de longues semaines) un bogie moteur de Budd en vente sur eBay: http://www.ebay.fr/itm/JOUEF-BOGIE-MOTEUR-POUR-AUTOMOTRICE-BUDD-/390977428319?pt=FR_YO_JeuxJouetd_TrainsElectriques&hash=item5b08121b5f. Par contre, je n'ai pas vu de bogies Budd pour remorque depuis très longtemps. Cordialement

RENEE
  • 2. RENEE | 03/12/2014

Bonjour
Votre site de d'amélioration est très explicite, mais ou est-il possible de se procurer des bogies de rechange en cas de casse?
Je vous remercie d'avance.

Bernard dit Papy
  • 3. Bernard dit Papy | 30/05/2014

Voilà qui est intéressant pour redonner un peu de neuf à cette vénérable automotrice !
Bravo

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