Les premières BB22200 datent de 1976, mais AT-MTE (Alsthom-Compagnie Matériel et Traction Electrique) en construisit jusqu’en 1986,
et l’effectif total atteignit 205 machines.
Machines polyvalentes 1,5KV CC / 25 KV-50Hz,elles tractent encore des passagers comme des marchandises.
La première série (201 à 230) roulait à 100 km/h en service(rapport de réduction 2,807), la seconde (231 à 380) à 160 (rapport de réduction 1,659).
La BB22278 prototype atteignit toutefois 200 km/h.
Certaines sont en livrée En Voyage, Multiservice ou fantôme, mais beaucoup sont encore en livrée d’origine.
La BB22244 participa, avec les BB26010 et 26046, aux essais de pelliculage en livrée carmillon aux ateliers de Villeneuve, en Mai 2011.
De ces trois machines, seule la 26046 repartit en livrée carmillon, qu’elle est toujours la seule à porter,
les deux autres furent remises en livrée d’origine le même jour.
Certaines 22200 sont en activité pour l’Infra.
La première livrée Infra, prototype, ne fut réalisée que sur les BB63617 et 67210, en 2002.
La livrée suivante (jaune bouton d’or, châssis gris orage, bandeau rouge)
est actuellement appliquée petit à petit sur les 22200 Infra, qui avaient gardé leur livrée d’origine avec simple ajout sur les flancs du logo Infra.

Certaines BB66000, renumérotées 69000, ont été affectées à l’Infra et se sont vu appliquer la même livrée bouton d’or, de même que d’autres engins d’autres séries
(entre autres, les machines 75088, 68537, 67457, 63617, 60156).
Vous verrez ces machines avec des trémies de ballast ,ou tractant des voitures spéciales de mesures et/ou d’essais, souvent avec une voiture d’accompagnement
(Corail par exemple).
Les draisines affectées à l’Infra ont aussi reçu la même livrée.


Cette livrée, relativement spectaculaire car elle se remarque tout de suite,peut être reproduite sur nos 22200 au 1/87 sans grande difficulté,
et constitue un départ intéressant pour un débutant.
La BB 22201 Roco, modèle qui a une trentaine d’années,est une base correcte, et on en trouve facilement sur le marché de l’occasion.
Sur I.B., vous en trouverez à tous les prix, même à plus de 140 euros(certains vendeurs prennent les acheteurs pour des demeurés …).
Soyez patient, ne vous intéressez qu’aux modèles dont le prix de départ est entre 1 et 10 euros, et fixez-vous une limite de 60 euros à ne pas dépasser,
vous en décrocherez sûrement une.
Rappelez-vous que vous n’avez pas besoin d’une machine à l’état neuf et en boîte d’origine.
Par contre, assurez-vous que la ligne de toiture est complète (pantos et isolateurs surtout) et qu’il y a les 4 tampons complets (le plateau se détache facilement …) et les 4 marchepieds, et peut-être, mais c’est rare, les détaillages à poser (toutes pièces difficiles à trouver).
La BB 7201 de la même marque (et du même âge !) est aussi un choix possible pour faire une 22200,car les caisses sont identiques, et elle se négocie généralement
à un prix légèrement inférieur.
Mais attention, il faudra modifier les pantos, dont les palettes et l’orientation sont différentes sur les 22200.
Quant à la ligne de toiture… A l’origine, Roco avait sorti la 22201 et la 7201 avec exactement la même ligne de toiture alors qu’elle sont, forcément, très différentes.
Vous devrez garder précieusement les isolateurs, qui resserviront ; vous pourrez vous passer des selfs, qui n’ont jamais existé sur les 7200,
et ont rapidement disparu des toitures des 22200.
Avant tout, il faudra décider quel modèle vous souhaitez reproduire, car toutes les 22200 Infra ne sont pas identiques.
Regardez bien ces 3 photos, par exemple :

La les deux autres, pas.
La position des immatriculations sur les flancs n’est pas la même, l’épaisseur des chiffres non plus.
Les logos SNCF et Infra ne sont pas aux mêmes endroits.
L’embase des essuie-vitres sur la 22403 est rouge, elle est jaune sur les deux autres.
Cela ne se voit pas sur cette photo, mais la grille de ventilation de la clim, (là où se trouvait l’immatriculation dans la livrée d’origine)
est grise ou inox sur la 22399, elle est jaune sur les deux autres.
Certaines locos ont un blason de parrainage, d’autres pas.
La 22380 (non illustrée) et la 22399 ont toutes deux des blocs de cablots, mais les cablots sont disposés différemment.
Certaines ont l’immatriculation en face frontale avec le préfixe d’activité 6, d’autres sans.
Bref, si vous voulez faire vrai, rassemblez une bonne documentation photo et chaussez vos lunettes !
Si ceci est votre première transformation, je vous déconseille les versions à blocs de cablots,
ils sont difficiles à faire ; essayez d’abord une version simple, comme la 403 ou la 378.22399 a deux blocs de cablots sur chaque face frontale,
Aussi : à moins que vous ayez un équipement de reproduction très performant (plus performant que le mien en tout cas), vous n’arriverez sans doute pas à reproduire de façon nette et satisfaisante les blasons de parrainage, très petits à l’échelle HO.
Voir dans les planches de blasons de Colorado Decals.com (reprise des anciennes planches Carpena et nouveautés),
ou les omettre (les compteurs de rivets, s’ils lisent ceci, vont hurler ! Pas grave …).
Principe général pour une redécoration complète :
décaper la peinture d’origine (décapant chimique, Interfer par exemple ; Mr Hobby aussi, mais son odeur est tenace …), laver, puis mettre une couche d’apprêt (bombe Tamiya ou Mr Hobby).
Vous vous apercevrez que la peinture des vieilles Roco résiste beaucoup en certains endroits ; on peut aider au décapage en frottant la caisse,
dans le récipient de trempage (mettre des gants), avec un pinceau à brosse plate un peu dure.
L’apprêt existe en blanc et en gris.
Selon des modélistes plus anciens et expérimentés que moi, le blanc fait ressortir la couleur dont on le couvre ensuite.
Il a aussi l’avantage de faire ressortir les éventuels petits défauts qui subsistent sur votre caisse après une transformation.
Par exemple, il vous faudra araser, par ponçage, limage ou meulage, les plaques SNCF et d’ immatriculation, sur les flancs de la 22201 comme sur la 7201,
car elles viennent de moulage, ce ne sont pas des pièces rapportées.
Sauf miracle ou très grande habilité, cette opération laissera des traces, qu’il faudra éliminer (ponçage fin, masticage éventuellement)
pour que la caisse soit bien plane.
Les caisses Roco non peintes sont noires ; vous ne pourrez voir réellement le résultat de votre ponçage qu’après la projection d’apprêt..
Sur la caisse dont les photos suivent, les tampons , l’antenne, le parafoudre, et les trompes d’origine ont été remplacés par des éléments en métal ;
mains courantes de faces frontales et essuie-vitres (en métal aussi) ont été ajoutés.
Ceci après décapage et avant apprêt.

Pour les persiennes latérales, déjà peintes sur la photo, j’ai utilisé une bombe Tamiya référence TS-30, après masquage du reste de la caisse bien sûr.
Avant de commencer la mise en peinture, rappelez-vous que :
Il vaut mieux passer 2 couches minces qu’une épaisse
Aucune peinture ne masque un défaut, bien au contraire.
Les peintures de natures (chimiques) différentes réagissent souvent de façon fort désagréable les unes sur les autres
Réfléchissez bien à l’ordre dans lequel vous allez traiter les opérations pour ne pas vous trouver bloqué par une impossibilité à un moment donné
(exemple : impossible de prendre la caisse en main car tout est peint et pas sec !).
En ce qui me concerne, je peins les flancs en premier, en prenant appui sur le toit et les faces frontales ; puis les faces frontales (appuis : flancs secs et toiture).
La toiture vient en dernier, partiellement puis en totalité.
Comme vous allez avoir à manipuler souvent cette caisse, attendez que la peinture soit bien sèche, ne vous contentez pas de 24 heures.
Pour la livrée Infra, vous n’avez besoin que de trois couleurs : jaune, rouge Bordeaux, gris (plutôt foncé).
J’utilise un pinceau et des petits pots Humbrol classiques.
Pour commencer, peignez la totalité de la caisse (sauf la toiture) en jaune.

Occupez-vous ensuite de la bande grise de bas de caisse, en utilisant du ruban de masquage Tamiya (6mm).
Pour que la délimitation des couleurs soit bien nette, il est nécessaire que la bande soit bien collée et étanche.
Lorsque vous arrivez à des reliefs (mains montoires par exemple) il faut absolument soigner le collage, sinon la peinture grise passera sous la bande.
Dans le cas présent, positionner la bande juste au-dessus des anneaux de levage, jusqu’à la première main montoire, en surveillant que votre ligne est bien droite.
N’enlever doucement la bande que quand la peinture grise est sèche.
Pour les extrémités de caisse et les faces frontales, la tâche est facilitée car la caisse définit elle-même la limite du gris
par une raie horizontale en creux, vous ne devriez pas avoir besoin de masquer.
Détail : sur l’avant , les marchepieds sont gris, pas jaunes.
Si vous constatez quelques petites bavures après séchage (c’est souvent le cas, malgré le soin apporté), vous pouvez les éliminer en grattant doucement avec une vieille lame épointée d’un couteau X-Acto (ou similaire).
Opération minutieuse à faire sous un bon éclairage.
Suivant le cas, utiliser la partie lame émoussée ou pointe cassée à angle droit.

Passer ensuite au bandeau rouge.
Délimiter la partie à peindre comme précédemment (2 bandes de masquage pour ceci).
Les angles des extrémités étant inclinés, je fais d’abord le bandeau latéral, puis, après séchage, le bandeau frontal.
Ceci évite (en principe) des problèmes de bavures sur les angles.
Si ça vous arrange, vous pouvez couper la bande de masquage de 6mm en deux morceaux de 3mm, plus pratiques à manipuler et à poser dans ce cas.
Coller la bande sur du plastique (plateau de votre table de travail par exemple) et diviser en 2 dans la longueur avec un cutter et un réglet. Lorsque, ensuite, vous aurez fini le toit, votre 22200 devrait ressembler à ceci.

Après les dernières retouches, il vous restera à peindre un filet argent sur les mains montoires, à remettre le lanterneau sur la toiture,
à faire une ligne de toiture moins fantaisiste. et à poser les logos et immatriculations.
Pour les chiffres en Helvetica, vous les trouverez en décalcomanies chez AMF87 (réf. D017, 8€), de même que les logos SNCF carmillon (D010, 8€).
Par contre, il faudra faire le logo Infra vous-même en pelliculage* (sur planche transparente), car je crois bien qu’il n’existe pas dans le commerce.
Pour l’éclairage inversé par LEDs et le vernissage, se reporter à« Z2 » dans Rail Europ Express, Modélisme HO 2012.
Vous pouvez aussi détailler la traverse avant (attelage factice, cablots, chasse-obstacles).
Le résultat devrait ressembler à ceci.

Après ce coup d’essai transformé en coup de maître, vous pourrez vous attaquer, si le cœur vous en dit, aux nez cassés Transiliennes bleues,
redécorées de la même façon, mais les pelliculages sont nettement plus difficiles pour la 807601.

Bon amusement !
Texte et photos : Laurent Croharé
Mise en page : Nicole Pourrières