Albi et ses deux gares



Ce jour-là, il pleuvait lorsque nous sommes arrivés à Albi.
Ce jour-là, le ciel était bas, le Tarn en crue.
C’est rare, mais ça arrive.


Partant du postulat que si Colombey a ses deux églises, Albi peut avoir ses deux gares. Différence fondamentale , ces dernières sont fort utiles pour les déplacements à courte ou longue distance et c’est bien sûr à elles que nous allons nous intéresser.
Loin de vouloir vous faire un cours d’Histoire ferroviaire, il s’avère toutefois nécessaire de savoir que ces réalisations se sont faites en deux étapes.
Tout d’abord, en 1858, sur la rive droite du Tarn, c’est l’ouverture de la gare d’Albi-Madeleine (qui subira des modifications au fil des ans).
Le bâtiment que nous connaissons aujourd’hui date de 1916.
Cette gare constitue un terminus provisoire de la ligne concédée à la Compagnie des Houillères et Chemins de Fer de Carmaux à Toulouse.
Terminus provisoire, donc, puisque la ligne ne rejoint pas encore Toulouse.
Il faudra attendre 1864 pour cela.
La ligne sera concédée à la Compagnie du Midi en 1866.

     

     
 

En haut de cet escalier, vous pouvez apercevoir un clocheton abritant une lanterne.

 


Que les âmes vertueuses se rassurent, cette lanterne ne s’allume pas en rouge à la nuit tombée. L’escalier ne donne pas accès à un lieu de perdition que les Albigeois appellent joliment « le patatrac », non, il conduit tout simplement à une passerelle construite en 1916 pour enjamber les voies… mais fermée au public le premier juillet 2019 pour des raisons de sécurité.

     

     
 

Depuis la fermeture de la centrale thermique EDF de Pélissier en 2003 et, par voie de conséquence, de son embranchement ferroviaire, les voies de garage d’Albi-Madeleine sont à l’abandon et la végétation reprend ses droits.
A gauche, la ligne côté Toulouse, à droite, côté Rodez.

 

     

 

Le poste automatisé d’Albi-Madeleine fonctionne… à l’huile de coude.

 

     

     

 

On notera enfin que le local abritant les toilettes de la gare a été victime d’un incendie dû, probablement à une explosion de gaz.
L’abus de cassoulet peut être dangereux.

 

     

 

Le viaduc, ouvert à la circulation en 1864, relie les deux rives du Tarn et ouvre la voie vers Albi-Ville etToulouse.

 


Il suffit de passer le pont disait la chanson.
En effet, en train, pas le temps de s’asseoir, durée du voyage 3 minutes.
En voiture, c’est une autre affaire, comptez 20 minutes aux heures de pointe et rajoutez à cela le temps de trouver une place de stationnement… si vous en trouvez une.
A toutes fins utiles, le site SNCF/TER Occitanie nous indique un temps estimé de 38 minutes… à pieds. Vous voyez bien qu’avec
la SNCF, c'est possible.
Ceci étant, nous voici arrivés à Albi-Ville. Assurez vous que vous n'avez rien oublié dans le train.
Le bâtiment voyageurs et ses annexes ont été restaurés en 2016.La couleur choisie étant (paraît-il) en adéquation avec les constructions en brique de la ville.
La gare se situe sur la rive gauche du Tarn.
C’est évident, sans cela le viaduc n’aurait pas été nécessaire ou Albi-Ville aurait été un terminus. Il faut quand même admettre que ç’eût ballot, non ?
Cette gare, située sur la section de Teissonières à Albi, antenne de la ligne de Toulouse à Lexos. a été ouverte en 1864 et concédée à la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Orléans (P.O.).
Aujourd’hui, Albi-Ville fait partie de la ligne Toulouse-Rodez et au-delà.
Elle rejoint la ligne des Causses à Séverac le Château.

 

     

 

La gare d’Albi-Ville recevait au début des années 1980 un trafic fret (alors marchandises) important et l’ensemble des voies n’était pas de trop, témoin cette importante halle à marchandises.

 

 

De cette gare partait la ligne de Castres sur laquelle se trouvait l’embranchement de la cimenterie de Ranteil et celui du dépôt pétrolier Stela.
Il y avait aussi une antenne se dirigeant théoriquement vers Saint Affrique (12), mais la voie n’a jamais été posée au-delà de Saint Juéry (près d’Albi) bien que les ouvrages d’art (nombreux tunnels et viaducs fûssent  construits
La section Albi-Saint Juéry a été fermée au trafic voyageurs le 19 janvier 1934.
Elle desservait les aciéries du Saut du Tarn jusqu’à leur fermeture en 1984 et la Verrerie Ouvrière d’Albi (VOA) encore en activité.
Malheureusement, la ligne a été fermée en 2004.
Aujourd’hui, à part un occasionnel train de ballast en transit, les voies d’Albi-Ville sont désertes et là aussi, faute d’entretien, la nature reprend ses droits.

 

     

     

 

Reste le trafic voyageurs qui s’est étoffé sous l’impulsion de la Région Midi-Pyrénées, regroupée aujourd’hui au Languedoc Roussillon pour devenir la Région Occitanie.

     

 

Ceci étant, si d’aventure vous êtes tentés par la visite d’Albi et de ses trésors architecturaux et culturels, je vous recommande une excellente table de gastronomie locale, le Clos Sainte Cécile qui se trouve à deux pas de la cathédrale. Surtout, réservez à l’avance.
Et puisque vous vous trouvez rue du Castelviel, jetez un coup d’œil au fond de l’impasse Azémar. Vous y trouverez Henri de Toulouse-Lautrec à l’œuvre devant son chevalet.
Nous terminerons sur cette note optimiste et fondée, à Albi, s’il pleut, ce n’est jamais pour très longtemps.

 

     





Texte et photos: Bernard POURRIERES

 

Commentaires (1)

Bernard dit Papy
  • 1. Bernard dit Papy (site web) | 01/09/2019
Je connaissais la cathédrale mais je découvre les gares avec ce très beau reportage . MERCI pour ces photos , les explications et le partage .
Amicalement
Bernard dit Papy

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